10/06/2024
Grand-pas dans la jungle
Si le titre de « Seigneur des mots » existait, certains chanteurs ne semblent pas le mériter. Dans un texte, le registre choisi (courant, soutenu, familier) donne le ton général, les nuances étant apportées par des notes poétiques, littéraires, très familières, vulgaires, argotiques, populaires, didactiques, rares, etc. Certains chanteurs populaires usent d’un registre familier agressif voire extrême en exaltant la part de vulgarité, comme pour faire passer un message de révolte personnel voire apolitique. Si un second degré est parfois recherché, il est plus fréquent d’assister à de véritables provocations gratuites pour faire de l’audience. Le grand pas serait de revenir à une certaine prudence de langage pour éviter la surenchère verbale. En bref, pour ne pas sombrer dans une diarrhée verbale malsaine banalisée, les paroles d’une chanson devraient a minima suivre des codes de savoir-être, du même ordre que ceux qui assurent la stabilité d’une vie en société. Malheureusement, aucun guide n’existe au nom d’une certaine liberté d’expression revendiquée. Le danger d’une certaine régression sociale avance à grand pas devant une population très manipulable, attachant peu d’importance au sens des mots. Le premier seigneur des mots restent le dictionnaire. A nous d’en faire bon usage pour ne pas sombrer dans des échanges dignes de Tarzan avec les grand singes de la jungle…
Stride (Grand Step) in the jungle
The title of “Lord of Words” existed but some singers do not seem to deserve it. In a text, the chosen register (current, sustained, familiar) sets the general tone, the nuances being provided by poetic, literary, very familiar, vulgar, slang, popular, didactic, rare notes, etc. Some popular singers use an aggressive or even extreme colloquial register by exalting the element of vulgarity, as if to convey a message of personal or even apolitical revolt. If a second degree is sometimes sought, it is more common to witness real gratuitous provocations to attract an audience. The big step would be to return to a certain prudence of language to avoid verbal escalation. In short, in order not to sink into banal unhealthy verbal diarrhea, the lyrics of a song should at least follow codes of behavior, of the same order as those which ensure the stability of life in society. Unfortunately no guide does not exist in the name of a certain claimed freedom of expression. The danger of a certain social regression is advancing rapidly in the face of a very manipulable population, attaching little importance to the meaning of words. The first lord of words remains the dictionary. It's up to us to make good use of it so as not to fall into exchanges worthy of Tarzan with the great apes of the jungle...
Vne production musicale à portée de main
Dans l’avare de Molière, Harpagon aurait pu dire «Il faut vivre pour faire de la musique mais ne pas faire de la musique pour vivre». Solliciter un studio d’enregistrement coûte parfois trop cher (200 à 1000 euros par jour). Les logiciels de MAO permettent de produire soi-même de la musique de très bonne qualité. Avec moins de 3000 euros d’investissement, il est aujourd’hui possible de se lancer: un ordinateur, un clavier usb-midi, deux enceintes, un logiciel d’enregistrement, un micro de chant, une interface audio-midi et quelques cables audio. La guitare électrique bon marché que vous possédez peut-être déjà suffira à reproduire les sons des meilleurs guitares et basses du marché, via le logiciel de MAO riches en amplis, baffles et effets (ex: NI Guitar Rig Pro, Logic Pro, Garageband,…). Il est désormais aisé de sublimer des sons (fournis ou personnalisables) plus vraies que nature. Bien évidemment, rien ne peut remplacer les heures d’entraînement pour que les doigts se positionnent avec assurance sur les cordes ou les touches de l’instrument. Qui n’a pas commencer à ses débuts par s’essayer sur une ballade telle que Nothing else Matters de Metallica?
Musical production at your fingertips
In Molière’s play entitled « L’avare » (The Miser), Harpagon could have said “You have to live to make music but not to make music to live”. Requesting a recording studio is sometimes too expensive (200 to 1000 euros per day). Computer music software allows you to produce very good quality music yourself. With less than 3000 euros investment, it is now possible to get started: a computer, a USB-MIDI keyboard, two speakers, recording software, a vocal microphone, an audio-MIDI interface and a few cables audio. The inexpensive electric guitar that you may already own will be enough to reproduce the sounds of the best guitars and basses on the market, via computer music software rich in amps, cabinets and effects (e.g.: NI Guitar Rig Pro, Logic Pro, Garageband, …). It is now easy to enhance sounds (provided or customizable) that are more real than life. Obviously, nothing can replace hours of training so that the fingers become position with confidence on the strings or keys of the instrument. Who didn't start out by trying out a ballad like « Nothing Else Matters » by Metallica?
Podcast Phil’universe n° 3 : la troisième video de Phil Entropy à découvrir s’intitule« Entretiens privés ». Découvrir Phil dans la peau de divers intellectuels interviewés.
Podcast Phil’universe n° 3 : the third Phil Entropy video to discover is called “Private Interviews”. Discover Phil in the shoes of various intellectuals interviewed.
Outils numériques au service de l’Art
Les découvertes en sciences et techniques transforment régulièrement certains métiers voire en induisent de nouveaux. On parle d’ordinateurs quantiques, de méthodes additives, de Metavers (exploration des espaces virtuels 3D) ou encore de télé-médecine mettant à disposition aux musiciens comme aux chirurgiens des possibilités d’opérer sans toucher directement l’instrument… Dans un monde artistique qui en bénéficie aujourd’hui, on peut s’interroger sur une certaine uniformisation des pratiques issues des outils informatiques hyper-automatisés désormais démocratisés. Dans tous les domaines, toute production doit se faire très vite. Cette course contre la montre propre à notre siècle a créé une société « presse-boutons » perdant patience quand le résultat n’est pas immédiatement satisfaisant. Utiliser les nouvelles technologies dont l’Intelligence Artificielle (IA) témoigne d’une certaine paresse manuelle, voire intellectuelle, pour obtenir un résultat sans trop d’efforts. Ces outils sont à la portée de mains des enfants possédant de plus en plus tôt un smartphone. Malgré un découragement alarmiste dans le monde de l’Education face à cette tendance des élèves à se reposer sur les microprocesseurs plutôt que de travailler par ses propres moyens cérébraux, le développement de logiciels à base d’IA continue à progresser sans scrupule. Les chercheurs et les ingénieurs voient certes un intérêt scientifique à développer de puissants algorithmes, mais la démocratisation de ces outils soulève des problèmes d’éthique qu’il faut prendre au sérieux: comment distinguer le faux pour de vrai?
En conclusion, le mérite du «fait main » et la prouesse intellectuelle se noient aisément dans un brouillard difficile à dissiper où l’on a de plus en plus de mal à reconnaître les véritables inspirations humaines. Par souci de transparence et d’honneteté, il est de plus en plus exigé par les éditeurs ou les organisateurs de concours artististiques de préciser si apport de l’IA il y a… Dans toute création artistique (illustrations, vidéo, textes, etc…), chacun s’accorde sur le fait que l’on démérite en l’exploitant. Finalement, les développeurs en Informatique alignent beaucoup de lignes de codes pour nous ouvrir les portes de la paresse intellectuelle.
Digital tools at the service of Art
Discoveries in science and technology regularly transform certain professions and even lead to new ones. We are talking about quantum computers, additive methods, Metaverse (exploration of 3D virtual spaces) or even tele-medicine providing musicians and surgeons with the possibility of operating without directly touching the instrument... In an artistic world who benefits from it today, we can wonder about a certain standardization of practices resulting from hyper-automated IT tools now democratized. In all areas, all production must be done very quickly. This race against time specific to our century has created a “press-button” society losing patience when the result is not immediately satisfactory. Using new technologies including Artificial Intelligence (AI) demonstrates a certain manual, even intellectual, laziness to obtain a result without too much effort. These tools are within reach of children owning a smartphone at an increasingly early age. Despite alarmist discouragement in the world of Education in the face of this tendency of students to rely on microprocessors rather than working with their own cerebral means, the development of AI-based software continues to progress without scruple. Researchers and engineers certainly see a scientific interest in developing powerful algorithms, but the democratization of these tools raises ethical problems that must be taken seriously: how to distinguish fake from real?
In conclusion, the merit of “handmade” and intellectual prowess are easily drowned in a fog difficult to dissipate where it is increasingly difficult to recognize true human inspirations. For the sake of transparency and honesty, it is increasingly required by publishers or organizers of artistic competitions to specify whether there is a contribution from AI… In any artistic creation (illustrations, video, texts, etc.), everyone agrees on the fact that we demerit by exploiting it. Finally, IT developers align many lines of code to open the doors to intellectual laziness.